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FASHION // KILOMETRE NOUS EMMENE LOIN

C’était un de ces matins du mois de février où le froid était glacial… Un matin idéal pour découvrir Kilometre qui nous emmena bien loin de cet hiver parisien. Balthazare s’est alors volontiers baladé aux quatre coins du monde, porté par les douces et passionnantes paroles d’Alexandra Senes, la fondatrice de la marque Kilometre.

Tout a commencé par un message reçu quelques jours auparavant à la rédaction. Alexandra se présentait à nous, nous racontant son nouveau projet qui tournait autour de la mode, du voyage, de gens inspirés, des gens inspirants… Il n’en fallait pas plus pour éveiller notre curiosité et notre instinct ne nous a pas trompé. Lors de notre rencontre, quelques jours plus tard, Alexandra nous a définitivement emporté dans le tourbillon de saveurs avec ce génial Kilometre qui la représente si bien.

Petite remise à niveau. Alexandra est née à Dakar et a grandi à New York, toute la famille suivant le père au fil de ses projets professionnels. Leur retour en France est vécu comme une catastrophe pour elle et ses trois frères. L’atterrissage se fait à Grenoble. Mais bon, elle y apprendra à faire du ski.

Le journalisme n’est pas un hasard pour elle mais une véritable vocation. Vivre mille vies à travers les autres, sentir le pouls de ses invités et voir le bonheur dans leurs yeux, entrer dans leur intimité, voilà ce qu’elle aime par dessus tout. Et, comme un signe du destin, sa route croise celle d’une journaliste. Elle entre alors en stage à ELLE à 17 ans. Suivront le Monde, et surtout Jalouse dont elle sera la rédactrice en chef pendant 8 ans. Jalouse était un magazine jeune, novateur où déjà elle envoyait ses équipes explorer des contrées sauvages et inconnues.

Mais, depuis plus d’un an maintenant, c’est un autre projet qui la porte. Un projet qui se situe dans la continuité de sa vie, le projet Kilometre. Ce nom qui la représente si bien. Car Alexandra dévore les kilomètres, entre Paris et tous ces ailleurs qui l’attirent tant. Elle veut tout voir et a un sens inné pour découvrir les lieux branchés de demain.

L’histoire de Kilometre commence vraiment il y a un peu plus d’un an, dans une brocante. Elle repère des chemises en lin d’homme du XIXème siècle. Coup de cœur pour ce bout de tissu chargé d’histoire. Chaque chemise correspondra à une ville encore méconnue du monde. Pour monter son rêve, elle s’entoure d’une équipe de choc, cosmopolite et féminine. «  Je n’aime pas la compétition avec les femmes. J’aime être entourée de femmes, je viens de la presse féminine quand même ! »

Les destinations choisies sont mises en illustration par Apolline Risser puis adaptées pour la broderie par Eva Dunis. Puis, interviennent les petites mains, les brodeuses indépendantes et mexicaines. Une seconde collection verra le jour, plus légère, tissée à la main en Inde sur un tissu blanc très vaporeux. Son inspiration : la tunique de Gandhi.

Avec ce projet, Alexandra n’entend pas juste faire partie du paysage mode mais alimente une volonté plus globale.

En effet, chaque chemise est accompagnée d’un passeport, d’une petite explication sur l’histoire du vêtement mais aussi une présentation de tous les protagonistes qui ont participé à son élaboration, ce qu’ils font, leurs spots préférés… Dis moi où tu vas je te dirai qui tu es.

S’ajoute aussi un guide de l’endroit qui a inspiré sa création, délicatement glissé dans une pochette en tissu.

Autre chose importante à son cœur, offrir des kilomètres car « les voyages forment la jeunesse ». C’est donc tout naturellement qu’elle s’associe à la Fondation Zellidja afin de faire voyager pendant 1 mois au minimum deux jeunes entre 16 et 20 ans seuls(es). Cette fondation permet chaque année à une centaine de jeunes de vivre leur rêve d’aventure et de découverte.

Kilometre n’est pas donc juste une histoire de robes mais surtout une histoire humaine, de rencontres, de saveurs, d’odeurs d’ailleurs, de ces voyages où l’on grandit, ou l’on appréhende la vie différemment.

Rencontre

Vous voyagez beaucoup, c’est presque un mode de vie. Comment gère t-on les décalages horaires ? Vous avez un rituel de voyage ?
Alors le premier conseil qui m’a été donné par une mannequine, ça a été ne pas manger dans l’avion et de boire beaucoup d’eau. Ca permet d’être tout de suite dans le rythme. On arrive, on a faim, on se cale sur cette nouvelle horloge biologique. Et ça me permet aussi de mettre directement à l’heure du pays.
Je ne sais pas si c’est grâce à ça, mais je n’ai jamais de décalage horaire, je ne me laisse pas le choix.

Et pour les rituels, de Bruges à Tokyo, j’achète dans chaque pays que je visite une assiette de touriste bien moche. Vous savez, de celles qu’on voit sur les petits chevalets chez les grand–mères. Ce sont mes assiettes à dessert. Ca fait beaucoup rire mes amis !

Quelle serait ta destination pour un voyage culinaire ?
Je dirais Hudson, à quelques heures de New York dans la vallée de l’Hudson. J’irais pour y manger une bonne côte de boeuf à l’américaine avec sauce barbecue maison et bio, un mêt cuit au feu de bois. Et aussi pour boire du vin produit dans le coin. Ca serait un retour aux sources, à la sauce US.

Quelle serait ta destination pour un voyage culturel ?
Mona à Hobart en Tasmanie, c’est un centre d’art entièrement souterrain créé par M. Walsh. Il nous entraine dans ses collections assez deep : l’amour, la mort, les excréments … C’est un dingue, il a acheté le cœur de Boltanski en viager. On peut l’entendre là bas. Je rêve d’aller dans cet endroit !

Et aussi je rêve d’aller au parc d’Arts d’Inhotim au Brésil. C’est énorme, il faut 3 jours pour tout voir, il emploie près de 900 personnes. C’est une région entière dédiée à l’Art.
Je pense qu’on peut aller dans un pays juste pour y découvrir un lieu d’Art !

Quelle serait votre destination festive ?
Fire Island en face de Manhattan. C’est une île ou il y a une grosse communauté gay qui vient y faire la fête. Ce sont parmi les meilleures fêtes du monde !

Quelle serait votre destination la plus dépaysante ?
Kolmanskop en Namibie, c’est une ville qui a été complètement envahie par le sable. C’est un paysage lunaire où les habitations sont recouvertes de dunes de sable. Dépaysement total donc.

Où aller en amoureux ?
Avenue Pierre Loti à Paris. Une allée au pied de la Tour Eiffel, totalement inconnue des parisiens et des touristes. C’est un peu cliché mais, en amoureux, Paris c’est quand même ce qu’il y a de mieux.

La meilleure destination avec des enfants ?
A Niseko au Japon, pour faire du ski.

Et votre destination à vous ? Votre coup de cœur ?
La ville de Kashan en Iran, une ville magnifique avec des palais très clairs. Totalement lunaire.

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