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GERARD GOURDON // L’HOMME QUI SE CACHE DERRIÈRE LES BIJOUX MIMILAMOUR

Un mercredi matin dans le 10ème arrondissement. Ma première interview. Une rencontre singulière avec le créateur de Mimilamour dans l’atelier-boutique situé au 30 rue Jacques Louvel-Teissier. Un homme qui aime discuter dans une boutique où l’on se sent tout de suite à l’aise. Une jolie parenthèse avec celui dont la devise de la boutique est « Il faut dire je t’aime ».

Son parcours avant Mimilamour ? L’Australie à 19 ans avec un photographe de mode. Autodidacte, il apprend le métier de directeur artistique avant de partir travailler à Tokyo, Hong Kong puis en Asie du sud-est où il consacrera 5 ans au Elle Magazine. Puis c’est le retour en France où il s’occupera tour à tour d’une galerie de photos, restera une dizaine d’années dans le milieu de la pub et claquera la porte à ce monde compliqué. Pendant ses voyages, il accumulera pas mal d’objets de déco, des objets rares, des pièces uniques qu’il entreposera dans son ancien atelier à Montrouge. « Je me suis dit que j’allais faire de cet atelier une boutique où partager tous ces objets. » Et c’est ce qu’il a fait en montant un dossier de presse pour annoncer cette bonne nouvelle et comme cadeau, se trouvait le bracelet Mamba. Contacté par une journaliste du Elle Magazine parce qu’elle l’avait vu au poignet d’une fille de la rédaction, il doit monter en vitesse un eshop pour vendre ce bracelet qui est désormais un classique de la marque. Tout s’accélère : le lendemain, première publication dans le Daily Elle puis dans Elle la semaine suivante et c’est comme ça que Mimilamour a démarré.

Bijoux Mimilamour Paris

« J’ai eu beaucoup de chance et j’ai décidé de rester dans la bijouterie. » Seul au début, il engage rapidement des assistants car les commandes affluent. Sans formation préalable, cela lui permet d’intégrer des savoir-faire. «  Mimilamour, c’était le nom de ma copine de l’époque. Lamour ça m’allait bien, Mimi aussi car je suis dans une démarche artisanale, de contact avec les gens ». Ce nom reflète bien la marque et la démarche surtout qu’on ne s’attend pas à voir un homme barbu derrière ça.

Quand je lui demande ce qu’est une journée-type à l’atelier Mimilamour, il est étonné car c’est une question qu’on ne lui pose pas. « Journée c’est bien, typique c’est moins bien donc en réalité il n’y a pas de journée typique ici. » Le planning rassemble les grandes lignes : événements, commandes, nouvelles collections, fashion week, journées presse auquel se greffe la partie créative et technique qui implique de travailler avec des délais, des personnes et des instants différents d’une même journée. Mais le rendez-vous que son équipe et lui-même ne manquent en aucun cas, c’est celui des commandes quotidiennes des clients. On discute finalement peu de ses bijoux mais c’est spontanément qu’il nous explique que c’est la qualité qui prend le plus de temps car c’est le plus difficile : c’est une confrontation permanente entre l’artisanat et une qualité dans le temps industrielle. « Ce qui se passe en une journée, c’est tous les ingrédients de la vie de la marque. »

C’est parce qu’il y a un homme derrière la marque que les bijoux sont un peu imposants, il aime bien quand ça se voit et que ça brille. Cette année, la collection homme a surgit. « C’est une clientèle plus réduite car ce sont des hommes qui portent des bijoux et qui l’assument.» Acheter un bijou homme Mimilamour, c’est le début d’une longue série. C’est un bijou en métal, avec un design, qui est fait pour être vu même s’il peut rester discrètement sous une manche de chemise. Si vous étiez sur Paris cet hiver, vous n’avez pas pu louper la campagne d’affichage sauvage réalisée en collaboration avec Frédérique Daubal.

Bijoux Mimilamour Paris

En revanche, la collection femme Mimilamour touche des femmes différentes à différents moments. Une année, un succès : le bracelet Mamba, le bracelet Hashtag et le bracelet Cœur. Ce dernier, sorti à l’été 2015 et victime de son succès a été décliné en bague.

Ses principales sources d’inspiration ? « C’est l’amour, la nature et la mer surtout. Ce sont des éléments autour de nous que l’on maltraite. » On retrouve donc dans la collection actuelle des formes marines : corail, sirènes, requin. « Le prochain thème portera sur l’espace, lieu dont on est moins proche mais qui est peut-être le prochain enjeu environnemental. »

Quand je remarque quelques pochettes de cuir sur un présentoir et que je lui demande de me parler de la maroquinerie, il me rétorque : « Je n’emploie pas ce mot-là, je ne suis pas dans cet univers-là. Moi je fais des bijoux et je fais des pochettes une fois par an pour l’été. » D’où vient l’idée ? Les bijoux sont vendus dans des pochettes en cuir faites à la main toutes différentes. Réalisées en chutes de cuir et fan de cuir, il a voulu aller à l’encontre du pochon traditionnel. De là est venu l’idée de faire des pochettes un peu plus grandes, toujours à la main et en série limitée.

On l’a bien compris, Gérard aime faire des bijoux et apprécie de travailler pour une clientèle féminine car « la mode c’est plus fun pour les femmes ». Mais il aime aussi travailler pour l’homme, quand il y a une dimension d’amusement.

Dans dix ans, il se voit encore en train de faire des bijoux dans un atelier avec des gens, comme maintenant. Continuant à rencontrer des nouvelles personnes et ressentir le souffle créatif.

Bijoux Mimilamour Paris

A l’occasion de la Fête des Mères, il participera le 27 mai avec 5 autres créateurs du Xème arrondissement à la première édition de « Les trésors du Xème ». L’idée est de regrouper les créateurs de bijoux du Xème arrondissement pour visiter leurs ateliers via un parcours nocturne de 18h à minuit. Chaque boutique aura une animation : dj pour Alice Hubert, dégustation et offre de Cidre bio, pommes et poires bio chez Mimilamour, un tatoueur chez Dante & Maria, une animation autour de l’Afrique chez Objet Céleste et une ambiance printanière suédoise chez Viveka Bergstrom. Les prix atelier seront appliqués pour l’occasion et il y a un sweat spécialement créé pour l’événement à gagner.

Boutique Mimilamour
30 Rue Jacques Louvel-Tessier 75010 Paris.
Ouvert au public les vendredis et samedis de 11.00 à 20.00.

Leur site, leur facebook, leur Instagram.

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