PORTRAITS
Leave a comment

KYLAM // RENCONTRE AVEC UN TALENTUEUX TOUCHE À TOUT

KYLAM comme Kill Yourself Like A Man, un pseudonyme fort et violent qui cache un artiste tout en subtilité. Cet autodidacte est un touche à tout : dessin, peinture, travail sur bois, tatouage, photo
Celui qui considère son travail artistique comme un mode de survie n’est pas près de s’arrêter.
Je l’ai rencontré dans nos bureaux autour d’un café à 10h du matin où il s’est prêté sérieusement au jeu de l’interview en ponctuant ses réponses d’une espièglerie enfantine.

Ca vient d’où ce nom, KYLAM ?
A mon arrivée à Paris et venant du graffiti, je cherchais un blase qui soit fort, provocateur et pas trop niais. Kill Yourself Like A Man m’a paru parfait pour faire passer ce genre de message.

Tu viens d’où ?
Je viens du Lot et Garonne, d’une petite ville qui s’appelle Villeneuve-sur-Lot. La bonne vieille campagne française où il n’y a pas grand chose à faire.
C’est vers 14 ans que j’ai découvert le graffiti avec mon meilleur ami, Kermit Dee. A cette époque, il n’y avait pas internet, pas de magazines, on avait vu ça dans un film américain et on s’est dit « allez on va faire ça » et on s’est mis à aller dans des lieux désaffectés pour peindre les murs.  Mais on n’avait aucune technique, on séchait les cours pour peindre des choses moches. C’était une période très excitante. On avait l’impression de faire partie d’un mouvement secret avant gardiste. Les personnages et les dessins, c’est venu plus tard.

Comment c’est venu ?
Je suis passé par Toulouse où j’ai essayé l’entrée aux beaux Arts mais j’étais trop dans mon travail de graffeur, je ne correspondais pas du tout aux Beaux Arts ! Après j’ai pris l’air à Montréal et en 2007 j’ai atterri à Paris. J’ai continué le graf tout en faisant du graphisme mais il y avait peu de nouveauté dans le domaine à cette époque, aujourd’hui ça bouge beaucoup plus.
J’avais envie de faire quelque chose de plus personnel et Kylam est né.
C’est drôle mais quand je retourne dans ma chambre chez mes parents, je vois tout ce qui m’inspire aujourd’hui dans mes créations : une petite figurine de grenouille à côté de bondieuseries. Ma mère m’a ressorti un alphabet que j’avais inventé enfant. En fait, je ne fais que des choses que j’avais déjà faites quand j’étais petit !

Tu fais du dessin, de la peinture, tu tatoues, tu illustres ton travail en le photographiant, c’est quoi ton medium préféré ? Tu as un outil de prédilection ?
Je me rends compte que c’est surtout l’encre de chine, pour le dessin et le tatouage.  La photo, c’est plus un outil pour mettre en valeur mes créations.
Par exemple avec Marginal Act, (son projet autour du tatouage) je tatoue mes créations et chaque tatouage je le prends bien sûr en photo – une pratique courante dans cette discipline – mais je fais aussi un portrait du modèle. Ce projet est regroupé sur un tumblr.

Qu’est ce que tu n’aimes pas dans ton travail ?
J’ai la chance de choisir mes projets, donc il n’y a pas grand chose que je n’aime pas. Mais je suis un peu un branleur donc si je dois faire tout un mur de signes, j’avoue que c’est pas mon moment préféré… (Ndlr : nous on trouve qu’il a juste mille projets et qu’il s’arrête jamais donc on est pas sûr de l’appellation de branleur).

Ce que tu adores ?
Je suis toujours étonné et heureux quand j’arrive à produire quelque chose, j’ai pas toujours une excellente technique, je n’ai jamais pris de cours donc oui, ça ça me fait vraiment plaisir.


C’est quoi tes inspirations ?

Je suis assez old school, j’aime les livres sur la mythologie, sur les religions, sur l’architecture … A chaque voyage, j’essaie de ramener des livres.
Par exemple, j’ai été très inspiré par mon voyage à Riga, le mélange de l’ex-URSS et de la mode scandinave. J’ai été fasciné par l’architecture et l’atmosphère des églises orthodoxes. J’en ai visité une, je pourrais y être encore tellement j’ai été fasciné ! C’est très calfeutré, très lourd…

Tu as un lieu qui t’apaise ?
Comme beaucoup de gens, je me sens bien dans la maison de mes parents. Ma mère est sophrologue et mon père est dessinateur, donc je pense que je suis vraiment un mélange des deux. Je me sens bien dans le Lot et Garonne en fait !

C’est quoi ta chanson du moment ?
Corps invisible par Police des Mœurs. C’est un groupe montréalais. Dernièrement, je me replonge dans ce courant musical. Je suis très new-wave en ce moment.

C’est quoi ton alcool préféré ?
Euh …. (rires) TOUS ! Mais ça dépend des moments.

C’est quoi ta drogue ?
Dessiner sans hésitation.

Ta devise ?
« L’ennui créé la connerie »

Kylam fera partie de l’exposition Balthazare Magazine X Atelier Meraki les 4, 5 et 6 mars 2016.
Evènement Marginal Act le samedi 5 Mars de 14h à 18h sur Rdv ( killyourselflikeaman@gmail.com) et de 18h à 21h en libre accès à l’Atelier Meraki.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *