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LES JEUDIS ARTY // FOCUS SUR ANOUK LE BOURDIEC DE LA GALERIE ALB, UNE GALERISTE PASSIONNEE

Dans le cadre des Jeudis Arty dont la 7ème édition a lieu aujourd’hui, je suis allée rencontrer Anouk Le Bourdiec, fondatrice de la galerie ALB située au 47 rue Chapon dans le 3ème arrondissement, galerie qui fêtera ses 5 ans le 8 septembre. Galeriste, c’est un métier qu’elle a toujours voulu exercer. Pourquoi ? « Peut-être parce que j’aimais décidément trop l’art pour passer à côté ».  Elle a donc fait une dizaine d’années d’études en histoire de l’art, arts plastiques « une réforme venait de passer et disait que chaque chercheur en arts plastiques était son propre sujet de recherche donc j’ai du inventer une pratique et devenir conceptrice » et communication visuelle. Elle a aussi un peu étudié le marché de l’art en école de commerce mais n’y est pas restée longtemps car elle voulait « être dedans, vite » pour commencer à travailler. Elle ne pensait pas ouvrir sa galerie dès 2011 mais plutôt quelques années plus tard « avec cette possibilité d’apprendre encore sur le terrain ». Elle a fait des stages mais n’a pas trouvé d’emploi donc elle a créé le sien. Ce métier elle le fait « par passion et par conviction surtout » et ne s’imagine pas faire autre chose. Etre une femme dans ce milieu ? « Les grands galeristes ont toujours été des hommes mais vous prenez rien que la rue Chapon et ses 12 galeries, il n’y a que 4 hommes. Rue Montmorency : 3 galeries, 3 femmes ». Cette réflexion suggère de dresser un état des lieux : combien y a-t’il de galeries et de galeristes femmes ? Il y a une majorité de galeristes femme d’après Anouk mais ce n’est pas plus difficile d’y être une femme qu’un homme puisque « le métier est hyper dur ». Ce métier, pour elle, il est « exaltant, c’est un sacerdoce mais c’est aussi extraordinaire », et ce qu’elle aime le plus c’est de trouver un jeune artiste « lui faire comprendre qu’il est extraordinaire », monter les expositions, voir des œuvres sortir de l’atelier. Elle aime aussi parler d’une œuvre au point qu’une personne ne puisse plus s’en passer et l’acquière, elle adore vendre car « l’œuvre part et va vivre avec quelqu’un d’autre ». Ce qu’elle n’aime pas, en revanche, c’est la lenteur des choses, vouloir faire plein de choses et être bloquée par des foires qui n’aime pas le show qu’elle peut faire lors d’Art Paris Art Fair, le statut de middle-gallery « je n’ai plus 2-3 ans mais je n’ai pas encore 8-10 ans » ce qui est un problème car les foires mettant en avant de jeunes galeries ont moins de 5 ans et pour intégrer les autres foires il vaut mieux avoir 10 ans d’existence. Elle n’aime pas non plus le manque d’attention des institutions et des collectionneurs pour les jeunes artistes, « que tout le monde se décrète galeriste du jour au lendemain alors que c’est un métier », que de très bonnes galeries ferment pour être remplacées par des galeries éphémères. A cause des réseaux sociaux, Anouk dresse le constat amer que les gens ne se déplacent plus en galerie : « Entre quand j’ai ouvert et maintenant, les galeries sont vides ». Ce qui est bien dommage car en se déplaçant, Anouk explique pourquoi elle expose tel artiste en parlant de « ressentiment de l’œuvre et des sensations » afin d’embarquer le public au-delà du simple « j’aime/j’aime pas ».

credit galerie alb« Plastiquement, il y a toujours quelque chose de qualité à la galerie ». Elle assume le parti pris d’exposer de jeunes artistes parce que « rien de plus exaltant que de faire l’histoire de l’art ». Ses artistes sont exclusivement représentés en France par la galerie et certains d’entre eux commencent à être défendus par des galeries étrangères. C’est aussi un choix de sa part de ne pas prendre des artistes qui sortent de galeries. Dans son espace, elle expose des artistes qu’elle aime et avec lesquels elle est proche et cela se sent lorsque je lui demande 3 artistes à suivre cette année. Matthieu Martin « un jour, il gagnera des prix importants à l’étranger ». Elle souligne son travail vif, percutant et épuré. Michal Mràz, artiste peintre slovaque qui intéresse des galeries anglaise, allemande et américaine et enfin The Kid, artiste majeur de la galerie qui travaille avec « aucune équipe derrière, il peint lui-même ses sculptures ». Son œuvre Rise and rise, until lambs become lions, exposée à Art Paris Art Fair en 2016, a d’ailleurs été la plus tweetée pendant l’événement. Passez à la galerie pendant les Jeudis Arty pour assister à la performance « Le champignon dans tous ses états » d’Anouck Durand Gasselin et d’Anne-Marie Jeannou ou bien à partir de samedi 4 juin pour le vernissage de l’exposition collective intitulée « L’art a décidé de ma façon de vivre ». Pour suivre la galerie : le site, Facebook, Instagram.

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