CULTURE, PORTRAITS
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LES SUBLIMES PLANS DE L’ARTISTE CAMILLE TARTAKOWSKY

Au vernissage des Floating Dayz, je suis tombée en amour devant le travail de Camille Tartakowsky… des plans de quartiers vus d’en haut, dessinés à l’encre de Chine. Un travail minutieux et fascinant. J’avais déjà été happée par son travail lors de l’exposition de la Floating Gallery à la soirée de l’Atelier Meraki pour fêter son 1er anniversaire.

J’ai eu la chance de la rencontrer à la galerie For Sale, où elle expose son travail jusqu’au 19 juin.

rouleau par Camille Tartakowsky

RENCONTRE
:

Quel est ton parcours Camille ?

J’ai toujours su que je voulais faire de l’Art. En classe de seconde j’ai intégré l’école Boulle, j’y ai eu mon bac Arts Appliqués. Puis j’ai passé un BTS en espace et communication visuelle.

Paradoxalement, après cette formation, j’ai enchainé des petits boulots alimentaires tout en continuant de créer une collection par an et pendant 5 ans j’ai été directrice adjointe d’une école d’ingénieurs.
L’été dernier, je suis partie un mois seule en Argentine et j’y ai tenu un carnet de voyage. C’est quelque chose que j’ai beaucoup fait enfant avec mes parents lors de nos voyages.

A mon retour d’Argentine, j’ai réalisé que je m’ennuyais dans mon job, que j’avais 30 ans et pas grand chose à perdre à me lancer à fond dans la création. Alors j’ai tout quitté pour ne faire que ça. Créer demande une discipline quotidienne qu’il est difficile de cumuler avec un travail à temps plein.

D’où te vient l’envie de faire des plans de ville comme ceux que tu fais ?

J’ai toujours aimé ce côté minutieux et synthétique des plans. Je me rappelle qu’enfant lorsque nous déménagions, mon père faisait un plan de la maison et ensuite découpait des bouts de papier à l’échelle qui représentaient les meubles de notre chambre. Ce qui nous permettait de visualiser l’emplacement de notre lit, notre commode, notre bureau. Ca me fascinait.

En Argentine, j’ai fait de mémoire le plan d’un endroit vu d’en haut et j’ai adoré ça. En retrouvant de vieux carnets de voyage, j’ai réalisé que j’en faisais déjà enfant.

Comment fais-tu pour faire des plans de ville de vues aériennes sans les avoir vues ?

La base de mon travail est la marche. Je marche pendant des heures dans un quartier, sans jamais prendre de notes, ensuite je rentre dans mon espace de travail et je me mets à dessiner de mémoire. Comme si je revivais ma marche de la journée en me visualisant moi-même en train de marcher. C’est une expérience assez mystique en fait et très forte.

Pour ce qui est des motifs, les différentes matières de la ville comme les toits et les cheminées, je les invente en essayant de rester fidèle à mes souvenirs.

Chaque jour, le moment où je bute sur le dessin va définir ma balade du lendemain.

Qu’est ce que tu aimes dans ton travail ?

J’aime la marche biensûr, cela fait vraiment partie intégrante de ce projet. J’aime beaucoup le début d’un plan et la toute fin. Le travail entre les deux peut être vraiment fait dans la souffrance parfois. C’est minutieux et ça prend du temps.

Marseille par Camille Tartakowsky

 

Combien de temps te faut-il pour faire le plan d’un quartier ?

Ça dépend des quartiers, si je les connais déjà comme Stalingrad à Paris ou pas du tout comme à Marseille. Mais cela me prend entre 50 et 150 heures de travail. Quand je commence un plan je le finis, je ne travaille pas sur plusieurs en même temps.

Stalingrad par Camille Tartakowsky

Tu es parisienne, quels sont tes endroits à Paris ?

Je suis vraiment un parisienne de Paris Nord, j’aime beaucoup Belleville où je vis. J’aime me balader aux Buttes Chaumont. J’ai vécu à Montreuil aussi, le week-end dernier, j’y ai fait une grande balade et je pense que ça va devenir un plan très bientôt.

Parmentier par Camille Tartakowsky

Tu as une devise ?

Une phrase que je pense et que je dis souvent : « L’enfer est pavé de bonnes intentions ».

Quels sont tes projets pour la suite ?

J’expose quelques plans dont un plan de 7 mètres durant les Floating Dayz à l’espace For Sale jusqu’au 19 juin.
J’ai une autre exposition en novembre Chez Janine.
J’ai collaboré à la rédaction et à l’illustration d’un livre pour enfants « Trio refait le monde » qui devrait sortir à la rentrée.
Et cet été pour une commande, je pars à Berlin faire un plan des quartiers de Neukoelln et Kreuzberg.

père lachaise par Camille Tartakowsky

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