CULTURE, PORTRAITS
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RENCONTRE AVEC LE COLLECTIF À SUIVRE BORN AND DIE

Un samedi vers 18.00 je me dirige passage des Gravilliers à la galerie Under Construction pour découvrir le projet BORN AND DIE.
J’y découvre dans une galerie un collectif animé par une force de vie incroyable.
Leur envie : Créer un collectif afin de promouvoir la jeune scène artistique par le biais d’expositions et l’édition d’une revue. Mais c’est surtout une histoire comme Balthazare les aime. Une histoire d’humains qui se rencontrent, se comprennent et décident de travailler ensemble, de monter des projets ensemble et surtout d’y croire ensemble. Malgré les doutes et les difficultés, ils n’oublient jamais de faire la fête c’est pourquoi cette édition de Born And Die a pour thème la « fête » avec toute une série de d’objets créés par différents artistes dans le cadre de ce projet.
Retrouvez leur projet final lors d’une exposition le 28 mai à la toute nouvelle galerie Arondit dédiée à la jeune création.

Rencontre avec le collectif à suivre.

Qui êtes vous ? Qu’avez vous fait avant ce projet et surtout comment vous êtes vous rencontré ?
Nous sommes un collectif de commissaires, de designers graphique, d’artistes, de professionnels de l’image et du son. Ensemble, nous produisons des livres, des multiples et des expositions. De formations différentes, nous mettons en commun nos savoirs acquis lors de nos études — aux Beaux-Arts, en Histoire de l’Art, en Droit, en Sciences Politiques, en Design graphique — puis dans le cadre de nos expériences professionnelles en galeries et en institutions culturelles, où nous nous sommes d’ailleurs rencontrés en 2010.

Comment vous est venue l’envie de monter ce projet ?
A travers l’échange et la discussion qui ont abouti sur une action : la création de Born And Die.
Dans un premier temps, l’idée de monter ce collectif est né d’une forte volonté : proposer de nouvelles manières de procéder à la promotion, diffusion et production de jeunes artistes tout aussi efficaces que celles déjà pratiquées. Montrer que l’on peut créer ses propres règles du jeu tout en restant professionnels et offrir un véritable soutien et accompagnement aux artistes. Nous tenons à défendre et promouvoir la jeune création contemporaine à notre manière avec sincérité. Notre mode opératoire devient alors une marque de fabrique et un gage de qualité autant pour les jeunes artistes en cours de professionnalisation, que pour les personnalités de l’art contemporain qui nous observent, nous suivent et nous soutiennent. Born And Die a pour mission de donner des clés et créer des connexions.

Avez vous rencontré des difficultés pour le monter ?
Au départ, la vrai difficulté a été de trouver la bonne formule : construire et concevoir une structure adéquate à nos intentions, trouver les bon mots pour présenter et défendre nos actions, transmettre notre énergie et créer de nouveaux possibles, sans renier nos formations professionnelles, ni aller à contre-courant de notre entourage.
Aujourd’hui, notre défi est économique : nous sommes en auto-production sur les deux projets déjà réalisés. A présent, nous développons notre réseau de collectionneurs et de diffuseurs, et recherchons activement des subventions, des partenaires et des mécènes.

Racontez nous un de vos meilleur souvenir dans le cadre ce projet ?
Impossible de choisir ! Il serait mensonger ou injuste de sélectionner un unique souvenir tant le quotidien avec l’ensemble des intervenants est enrichissant dans l’apprentissage et l’épanouissement personnel de chacun. Monter un collectif c’est aussi créer une confiance dans la diversité des opinions, où l’on apprend de chacun et où nous évoluons ensemble. C’est très similaire à une fratrie, nous nous créons des souvenirs communs en vue d’une action collective bénéfique à tous : ensemble, pour le bien de tous.
C’est toujours un plaisir de prendre ses marques, de créer de nouveaux repères, et d’apprendre les uns des autres, les uns avec les autres.

Et un des pire moment ?
Très honnêtement, les pires moments sont ceux où l’on doit céder à des contraintes temporelles, physiques ou financières et devoir renoncer à quelque chose qui nous tient à coeur.
Souvent ce n’est que partie remise, dès que le temps et l’argent nous le permettent nous poussons nos exigences encore plus haut. Nous savons être patients, rigoureux et attentifs afin de toujours privilégier une cohérence et une qualité de production sur le long terme mais cela n’est pas toujours facile quand on déborde d’énergie et d’enthousiasme.

BADTEAM BORN AND DIE

Quelles sont vos inspirations ?
Nos inspirations sont vastes et proviennent des particularités culturelles de chacun tant au niveau du son que de l’image. Ce qui nous porte le plus c’est sûrement ces initiatives qui sortent du lot, celles qui nous poussent à croire qu’il est possible d’agir autrement tout en restant professionnels et fidèle à nos idées, à nos intentions.

Comment sélectionnez vous les artistes avec qui vous travaillez ?
C’est un travail de fond silencieux et obstiné. Nous observons, enquêtons, fouillons, sur la toile, dans la presse, dans les expos ; tel celui d’un enquêteur ou de l’archéologue. Une fois le thème choisi pour le numéro à venir, chacun de notre côté, nous sélectionnons des artistes dont le travail nous plait et dont nous suivons les productions parfois depuis plusieurs années. Jusqu’au moment venu où nous nous réunissons et révélons notre sélection : ensemble, nous arrêtons une liste de 5 à 7 artistes. Parfois certains artistes font l’unanimité, pendant que d’autres font débats mais on en revient ici à la richesse des points de vues et à la diversité des opinions multiples d’un collectif.

C’est quoi votre rêve pour ce projet ? Votre but ?
Idéalement, nous souhaiterions aboutir à une collection de dix numéros : chaque numéro étant un pari que nous espérons gagnant, une nouvelle sélection d’artistes auxquels nous croyons et considérons comme prometteurs.
Notre but est de permettre à ces artistes de rentrer dans le « game » tout en prouvant l’intérêt et la nécessité de nouvelles initiatives. In fine, c’est ce rêve un peu fou et inavouable de se dire que le temps nous donnera raison, c’est-à-dire voir les jeunes artistes que nous défendons, soutenons, et accompagner devenir de « grands artistes » ; nous serions alors très fiers d’avoir pu participer à leur essor et d’avoir eu « l’oeil ».
Aussi, nous serions très heureux de pouvoir faire plusieurs lancements et expositions en France et à l’international durant l’année en cours, entre chaque numéro ; et, en parallèle, de manière ponctuelle, pouvoir réaliser des évènements, des fanzines, des affiches, avec d’autres collectifs artistiques et/ou musicaux.

Votre thème pour ce numéro est la fête, pourquoi ? vous êtes des fetards ?
Ce choix est simple, notre premier ouvrage BAD#00 porte sur le thème du Chantier{s}, sorte de métaphore du chemin parcouru et de la construction de Born And Die pour arriver à cette forme que nous défendons aujourd’hui : édition, production, exposition.
De manière assez naturelle et spontanée, une fois ce chantier terminé et les fondations ainsi bâties, nous avons eu envie d’inaugurer ce bel édifice et d’organiser une « pendaison de crémaillère » afin de fêter le début d’une épopée que l’on espère longue et prospère. Nazdravlje!
C’est ainsi que nous sommes alors partis à la recherche de jeunes artistes qui travaillent sur les processus de célébration et les attributs du festif dans toutes ses formes.
Et oui, nous sommes incontestablement des fêtards : nous pouvons passer autant de temps sur un dancefloor que derrière notre ordinateur. Les moments de joie et d’ivresse que nous partageons sont aussi propices à la cohésion d’une équipe — la #badteam — et la naissance de nouvelles idées.


Vous sortez à paris ? quels sont vos spots ?

Nous sommes un collectif et avons tous nos petites habitudes. Nous allons parfois dans des lieux qui nous correspondent, ou bien là où nos amis travaillent : artistes, Dj, chef, restaurateurs, etc. Nous pourrions d’ailleurs faire un clin d’œil à La fresque, petit restaurant familial tenu depuis trente ans par trois associés, qui nous voit grandir, nous soutient et nous accueille.
Nous aimons aussi découvrir et faire découvrir à nos amis de nouveaux lieux, de nouvelles personnes. Nous sortons aussi pour observer comment se met en place et s’organise de nouvelles tendances, et leurs influences : dans la street, dans les musées, les galeries, les salles de concerts, les bars, les restaurants, les clubs, en ville, en campagne, en France et à l’étranger (nous voyageons beaucoup).
Enfin, nous aimons aussi nous retrouver les uns chez les autres et ces fêtes là durent toujours jusqu’au petit matin.

Si vous deviez être un cocktail ce serait lequel ?
Le Long Island pour son union d’alcools forts et son efficacité ; même si nous aimons l’ivresse et l’effervescence des bulles de champagne.

C’est quoi votre drogue ?
L’Humanité. T’as pas un plan ?

Quelle est votre devise ?

‘’make art or die.
do it yourself or die.
work hard but party hard.
together or nothing’’
Extrait du manifeste, par Etaïnn Zwer.

Born And Die #01 — Nazdravlje!  Vue de l'exposition de lancement  Du 16 avril au 7 mai 2016  Under Construction Gallery, Paris

Born And Die #01 — Nazdravlje!
Vue de l’exposition de lancement
Du 16 avril au 7 mai 2016
Under Construction Gallery, Paris

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