CULTURE, PORTRAITS
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THE JAH // LA FUREUR DE VIVRE DE PARIS À NEW YORK

ENGLISH VERSION AFTER THE FRENCH ONE

Lors de notre passage estival à New York nous avons rencontré un artiste parisien, The Jah, exilé dans la grosse pomme depuis bientôt 4 ans.

Ses pièces, qui mettent en scène tous les clichés de notre enfance nous ont donné envie d’en savoir plus sur lui. Après cette rencontre nous sommes assez bluffé par son parcours. Comment passe t on des quartiers défavorisés de la capitale à exposer ses œuvres à New York ? La réponse est dans l’espoir. Définitivement.

Une rencontre étonnante avec l’Art.

Jaouad Bentama est issue d’un milieu très défavorisé mais d’une famille unie. Pour arrondir les fins de mois, les Bentama père & fils passent leurs weekends à revendre des objets ramassés dans la rue aux puces de la porte de Saint Ouen. Pour lui c’est une activité comme une autre où il y retrouve chaque semaine les mêmes personnes, une petite communauté qui s’entraide, se connaît. «  Il y avait une sorte de légende urbaine dans ce milieu. Nous nous connaissions tous et lorsqu’untel ou unetelle manquait à l’appel les gens disait il a trouvé un Picasso ou un Renoir, il l’a revendu et maintenant il a acheté un château ! J’y croyais dur comme fer et je disais à mon frère : Mais c’est qui ce Picasso ? Je vais aller le trouver moi et on sera riches ! » Voilà comment à l’âge de 8 ans j’ai découvert qu’il existait des gens qui dessinaient ou peignaient et vivaient de ça.

The Jah

 

Une initiation déterminante.

Un jour lorsqu’il a 11 ans, à la sortie de l’école ce n’est pas sa mère qui vient chercher le petit Jaouad mais leur voisin, Monsieur Pierrot. «  C’était notre voisin, mais je le trouvais bizarre, il ne parlait pas beaucoup, il me faisait un peu peur je crois ». Soit, ce jour là, pour dépanner la maman surmenée, il récupère Jaouad. L’emmène chez lui, lui donne quelques gâteaux et pour l’occuper lui donne trois tubes de gouaches et un pinceau. « Occupe toi mon grand ». « Avec ces quelques mots il m’a mis e confiance et j’ai commencé à peindre, à le regarder peindre aussi.  » Voilà comment grâce à son voisin qui lui foutait la trouille, Jaouad à découvert la peinture et qu’il était doué pour quelque chose.

A partir de ce moment là, il dessinera et peindra tous les jours, seul dans sa chambre. La famille ayant d’autres priorités personne ne se penchera sur ses dessins mais lui n’arrêtera pas.


La fureur de vivre et le départ pour New York.

Petits boulots et grosse dépression. Voilà comment nous pourrions définir l’adolescence de Jaouad. Une descente aux enfers parisienne malgré la famille et les copains, il n’arrive pas à remonter la pente. Il créé beaucoup mais n’a pas d’espoir en la vie ni confiance en lui. Et puis un déclic, un sursaut de vie lui fait mettre quelques affaires dans une valise et partir à New York, la ville de tous les possibles.

Un matin d’octobre 2012, il débarque dans cette ville qu’il ne connaît pas et où personne ne le connaît et là tout va très vite. Il produit, rencontre les gens facilement, n’a plus peur et expose beaucoup.

Rien n’est encore gagné mais l’espoir est retrouvé. Il se dégage de Jaouad une fureur de vivre et de créé des œuvres qui rappellent l’enfance, la légèreté, la bonne humeur.

Partir de New York un jour ? Sa réponse est simple : « j’ y ai trouvé la vie, j’y laisserai mon âme »

THE JAH

The Jah

ENGLISH VERSION

During our summer trip to New York, we met a Parisian artist, « The Jah », exiled in the Big Apple since almost 4 years.

His artwork, which depicts all the clichés from our childhood, tempted us to know more about him. After meeting him, we were and still are quite impressed by his course. How can someone goes from growning up in French deprived neighbourhoods to the exhibition of his art in New York?

The answer is  Hope. Definitely.

A Surprising encounter with Art.

Jaouad Bentama comes from a very underprivileged urban area but from a united family.
To make ends meet , Bentama father & son spend their weekends reselling objects they found in the streets of St Ouen’s flea market. For him, it’s an activity like any other, where each week the same people gather : a small community that helps and know one another. « There was some kind of urban legend in this place. We all knew each other, and wherever someone was missing the call, people always said : he found a Renoir or a Picasso, he sold it and bought a castle!

I firmly believed those stories were true, and at that time, was asking my brother : but who is This Picasso? I’m going to find him and we’re going to be rich!

Here’s how at the age of 8, I discovered that there were people who could live from their art through drawings and paintings.»

A decisive beginning.

When he was 11, at the end of a schoolday, his mother didn’t come to pick him up but instead appeared their neighbour : Monsieur Pierrot.
« I knew this neighbour, but I always thought he was strange. He never talked much. I guess I was a bit intimidated and scared by him. »

This day, in order to help the overworking mother of Jaouad, this singular neighbour brought the child to his place, gave him some cakes and in order to keep him busy, gave him three gouache’s tubes and a paintbrush.
 « Do something big boy !» he said. « With these few words, it gave me confidence and I started to paint, and watch him paint.»

This is how, thanks to this scary-at-first-but-very-kind-neighbour-after-all, Jaouad discovered the pleasure of painting and that he was actually good and gifted for something.

From now on, he will draw and paint every single day, on his own  in his room. Unfortunately, his familly will have other priorities, and won’t be able to have a real look at his drawings. But it won’t stop him.

The Rage to Live & To Leave to New York

Small jobs and a deep breakdown. This could be the title of Jaouad’s youth. A downward spiral to parisian hell… Even though his family and friends are here, he can’t manage to recover. He creates a lot, but don’t have hope in life anymore and lost all his self confidence. And suddenly something clicked inside of him, the urge to live knocked at his door and made him pack his bags to New York City where everything is possible.

One morning in October 2012, he lands in this unknown city, and everything goes very very fast. He creates. A lot. Make great encounters. Easily. He is not afraid anymore and do a lot of exhibitions.
Nothing is won, yet. But Hope is back.

What emerges from Jaouad is his urge to live and to create artwork which echoes deeply with the lightness, the happiness and the innocence of childhood.

To Leave New York one day? His answer is simple : « I gave it all my life, I will let it all my soul.»

Propos recueillis par Cathy Closier // Traduction par Suzanna Celle

1 Comment

  1. Prune MR says

    I personally had the privilege to meet the Jah.
    I was blown away by his humility and talent.
    I would recommend to anyone and everyone who love
    Art to go to his website and check his incredibly extensive and diverse collection:
    http://www.thejah.com
    Let s get this young Artist the recognition he deserves!

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