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ALICE HUBERT // LE BIJOU PAR PASSION

Un mercredi après-midi dans le Xème arrondissement avec un chouia de soleil. Une deuxième interview avec un bijoutier de la rue Jacques-Louvel Tessier (au numéro 8). Mais cette fois-ci, il s’agit d’Alice Hubert qui travaille le bijou féminin haute-fantaisie.

« On va commencer par le commencement, je pense que j’ai toujours voulu faire des bijoux ». Le ton est donné. Le déclic ? Un ami qui portait une bague en métal faite par sa sœur qui étudiait à l’école Boulle. Elle se renseigne et se rend compte qu’il ne s’agit pas d’une école de bijouterie mais de meubles. Peu importe, elle s’y inscrit et sortira majeur de sa promotion en ciselure. On peut d’ailleurs voir dans sa boutique le travail de fin d’année qu’elle a réalisé qui portait sur le thème du métissage culturel.

alice hubert

C’est donc le début du travail avec le métal mais le bijou n’est jamais très loin. « J’ai appris une technique que j’ai utilisé par la suite dans les bijoux ». En sortant de l’école, elle veut d’abord faire des bijoux de défilé mais sa formation artisanale lui permet de travailler dans les ateliers et non dans la création comme elle le souhaite. « Puisque les gens se disent que je ne sais pas faire de la création, je vais réaliser des collections pour pouvoir les présenter par la suite ». C’est comme cela qu’elle commence à travailler, en faisant des bijoux pour elle et qu’elle vendait dans différents endroits notamment pour des événements comme Noël, la fête des mères etc. Un ami lui propose de l’accompagner chez Franck & Fils où il allait présenter sa propre collection. L’acheteuse du grand magasin choisi deux des collections d’Alice et c’est ainsi que la marque Alice Hubert est née. « Je m’étais dit que si un jour je lançais une marque ça ne serait certainement pas avec mon nom mais en me retrouvant devant cette nana qui m’a demandé le nom de ma marque, j’ai répondu Alice Hubert. »

Alice Hubert Paris

Effet boule de neige oblige, une fois ses collections vendues chez Franck & Fils, d’autres enseignes parisiennes ont suivies. « Comme je sortais pas mal, j’ai aussi rencontré pas mal de gens et eu pas mal de parutions ». Le succès arrive assez vite. En bossant à mi-temps avec des créateurs et en travaillant sur sa marque, ça lui donne une certaine stabilité et du temps pour développer sa marque. Mais il y a une dizaine d’années environ, elle s’installe dans l’atelier où elle ouvre depuis novembre 2015 sa boutique au public 3 jours par semaine et se dédie entièrement à sa marque. C’est une marque qui dure, bientôt 16 ans d’existence. Elle a été amenée à travailler en renfort sur un défilé Chanel pendant 3 mois et à travailler pendant 4 ans pour un designer de mobilier et de bijoux. C’est en quittant ce designer qu’elle se met à son compte. Son atelier a un moment été son chez-elle et en l’ouvrant au public, elle a du se réapproprier l’endroit « pour que lorsque les clients entrent, je n’ai pas l’impression qu’ils entrent dans ma chambre. Même si je n’habite plus ici, c’est ma bulle ». C’est une idée qu’elle avait depuis un moment mais il y a 10 ans, le Xème arrondissement n’était pas tout à fait le même…

Ouvrir au public, ça a été un gros changement pour elle qui ne travaillait qu’avec des professionnels. « Pour la fabrication, j’avais très peu de stock et je fabriquais à la commande ». Aujourd’hui, Alice Hubert a son site internet et sa boutique donc il y a toujours un peu de stock.

alice Hubert Bouche

Le 27 mai dernier se tenait l’événement « Je suis un trésor » dont elle est à l’origine. Idée qui lui est venue car elle est installée dans le quartier depuis longtemps et il y a de nombreux créateurs de bijoux dans le quartier. Ca fait un an qu’elle a cette idée en tête et qu’elle a envie de participer à une certaine dynamique de quartier. « Quand t’es créateur-artisan, on est tous un peu tout seul dans nos ateliers, on est pas mal dans notre bulle et c’est bien de se réunir pour rassembler nos forces. »

Touche-à-tout, Alice Hubert et son amie Eloïse Fiorentino organisent également des showroom professionnels, toujours en invitant 2 autres créateurs à se joindre à elles et c’est en discutant des affiches autour de ces événements que j’apprends qu’elle est aussi illustratrice car elle réalise les affiches des showroom. Ces affiches combinent les 4 univers des créateurs (une femme portant 4 bijoux). Ces talents d’illustratrice sont peu mis en avant dans la boutique car jusqu’à récemment, elle n’a exploité ses capacités en dessin que pour le bijou mais depuis peu elle est la DA des visuels de la soirée MONA et elle s’occupe de sa dernière ligne, Barbara Hope. C’est une collection de pin’s à prix abordables, différente des bijoux Alice Hubert. « Barbara Hope, je fais le dessin puis je les fais fabriquer alors qu’Alice Hubert, tout est réalisé à l’atelier et avec des artisans presque au bout de la rue. ».

alice hubert

Alice ne fait que du bijou féminin, pas qu’elle ne veuille pas faire du bijou pour homme mais comme elle le dit elle-même : « Je n’y arrive pas ! ». Et la raison est simple, elle fait des bijoux pour elle. « Tous les bijoux que je fais, à un moment je me dis « J’ai hyper envie de porter ça » ». Elle le fait d’abord pour elle et ensuite elle décline la collection. « J’ai un style assez marqué et je trouve difficile de le transposer au masculin ». Pour autant, il y a quelques années elle a pensé à une collection hommes mais celle-ci n’a pas encore abouti. L’inspiration de ses bijoux vient d’une envie du moment, d’une histoire, d’une image ou d’une musique. Ce sont donc des collections très personnelles avec de fortes références derrière qu’on ne décèle pas forcément. Par exemple, pour la collection New Look, l’univers du tatouage l’a fortement influencée, notamment le tatoo du marin avec les pin-up. La collection Les injurieuses, une des ses plus anciennes collections, est directement inspirée d’une histoire de séparation. Elle a d’abord réalisée un bijou pour elle et une amie puis elle est allée fouiller dans les dictionnaires d’argot pour y glaner des idées sur le thème de la femme provocante.

alice hubert

Sa collection qui l’a le plus marqué ? La New look car elle a réalisé les dessins, les maquettes et les moules. Pour chaque collection, correspond une manière de travailler différente. Pour certaines, elle a plus travaillé avec des estampes. Son travail est rythmé par 2 collections par an mais c’est une chose difficile car au sein d’une même collection elle préférera porter le collier l’hiver et les boucles d’oreilles l’été.

« Aujourd’hui, 80% de mon boulot c’est de la com’ car je passe presque plus de temps à réfléchir à comment présenter mes nouvelles pièces, faire des photos, quel texte accrocheur etc » Et oui, les joies d’être à son compte car c’est elle qui s’occupe de tout cela et ça tombe bien car ce sont des choses qu’elle a vraiment envie de faire.

SON SITE , SON FACEBOOK, SON INSTAGRAM.

Atelier Alice Hubert, 8 Rue Jacques Louvel-Tessier, 75010 Paris.
Ouvert au public du mercredi au vendredi de 13h à 19h

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