PORTRAITS
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BERENGÈRE PREVOST // RENCONTRE AVEC UNE RÉALISATRICE SAUVAGEMENT HUMAINE

Nous voulions vous parler depuis longtemps de Bérengère Prevost car on admire son travail multiple.
Déjà c’est elle qui fait toutes les vidéos de Balthazare Magazine, elle sait retranscrire notre univers en sons et en images. Et c’est bien normal puisqu’elle vient aussi bien de la vidéo que de la musique.
Bérengère a une voix posée, calme et assurée, celle d’une jeune femme libre dans son art et dans sa passion. C’est une sauvage, elle a gardé ses traits de petite fille qui a vécu à la campagne, avec ce caractère bien trempé.
Rencontre avec une personne singulière qui apprend à aimer les gens en les filmant.

Bérengère Prevost est réalisatrice.

Vernissage de l’exposition d’Eloïse ODDOS et Melody LEBLOND organisé par Balthazare Magazine – 11.06.15 from BERENGERE PREVOST on Vimeo.

Qu’est ce que tu fais dans la vie ?
Je fais de l’image. J’ai encore du mal avec le mot « réalisateur » alors on va dire que je filme, que je capte, que je prends des photos. À côté de ça je fais aussi de la musique.

Est ce que tu peux nous raconter ton parcours ?
J’ai donc commencé par la musique. Ma mère m’avait dit à l’époque « Tu seras une cinéaste qui regrettera d’avoir fait de la musique ». C’est sûrement pour essayer de lui prouver le contraire que j’ai commencé par cet art. Evidemment, cinq ans plus tard, j’ai été déçue par cet univers et j’ai quitté le groupe que j’avais formé. J’ai ensuite fait des parodies et des clips et une réalisatrice s’est intéressée à moi. A partir de cette rencontre, j’ai commencé à faire des vidéos sur des musiques qui me plaisaient vraiment.

Tu te considères comme une autodidacte ?
En effet, je n’ai jamais suivi d’apprentissage. On m’a toujours mise dans des situations où je devais relever de gros défis et j’ai toujours tout accepté. Par exemple, à mes débuts on m’a proposé de filmer Daniel Darc à l’Olympia. Pourtant je n’avais encore jamais tenu de caméra de ma vie. Je te laisse imaginer les problèmes techniques dramatiques que j’ai eus pendant ce tournage. J’ai été obligée de me rapprocher de Daniel Darc pour capter la lumière. Et c’est comme ça que tu te retrouves sur cette scène immense, à un mètre de l’artiste, sans jamais avoir tenu une caméra de ta vie.
En un an et demi, je me suis retrouvée à avoir mon travail projeté sur des écrans de 130 m de long à Bercy, à collaborer avec Indochine ou encore derrière ma caméra, sur la scène de l’Olympia… C’était à chaque fois des paris un peu fous maintenant que j’y pense.

Quelle est la chose que tu préfères dans ton travail ?
J’essaie de filmer ce qui me procure une émotion. J’aime ce moment de grâce où j’entre dans l’intimité de ce que je filme et que je crée un liant entre moi et mon sujet. Lorsque cette magie se produit je me sens moins seule derrière mon objectif. Ce que j’aime par- dessus tout, c’est lorsque j’arrive à capter la solitude des gens, le moment où leur regard se perd dans le vide. Je capte cette chose dont ils n’ont pas conscience… Filmer ce n’est pas faire du faux, au contraire, c’est être dans ce qu’il y a de plus vrai.
Dans la vie je suis quelqu’un d’assez dur mais au travers de mon objectif j’aime tout le monde.

Quels sont tes objectifs, tes rêves :
Mon plus grand rêve c’est de réaliser un film basé sur le livre écrit par ma mère. C’est un livre de science fiction en 3 volumes qui serait l’équivalent du meilleur de Star Wars en un film ! Plus sérieusement, mon rêve est très simple : faire mon premier film. Sachant d’où je suis partie et à l’âge que j’ai aujourd’hui, je me rends compte que le chemin est encore long. Ca commencera d’ailleurs par un court-métrage.

Quel est ton grand film préféré?
Alors je vais te donner trois films. Dans la catégorie du Son et de la Lumière je donne mon César à Blade Runner. Pour le Meilleur Scénario c’est Dans la chaleur de la Nuit qui remporte mon César. Et ensuite, toutes catégories confondues, Rocky. Même si j’en venais à ne plus aimer ce film, il fera toujours partie de mon enfance et de ma vie, donc je ne peux pas le renier.

Quelle est ta musique du moment ?
En ce moment je suis dans une grosse phase « musique de merde », soyons honnêtes. J’écoute beaucoup Rihanna et Miley Cyrus. Je ne les ai pas écoutées pendant toute une décennie, donc je rattrape le retard que j’ai pris. Et bien sûr, j’écoute toujours mon rock teenage des années 90.

Quel est ton restaurant préféré ?
Ha ! Je peux enfin en parler : Sanukiya ! Ce restaurant c’est une drogue, comme le Coca-Cola, tu l’essayes une fois et tu ne peux plus t’en passer. Avec ma copine, on s’interdit même de prononcer le nom de ce restaurant quand on est en période de régime car sinon on pourrait y aller trois fois par semaine.

Quel est l’endroit qui t’apaise ?
Les vergers… J’avais un verger dans ma maison de campagne lorsque j’étais enfant. Les pommiers ne sont pas tous les mêmes, il y a plein de couleurs, plein de fleurs, les herbes sont en friche… Le verger ça donne cette impression de bordel ordonné. Ce qui m’apaise le plus au monde, c’est le chant du coq au loin. J’ai eu une enfance dans la campagne profonde, à Arces , j’étais dans une école de 40 élèves, la cloche de l’Eglise annonçait la fin des cours et le matin je me réveillais lorsque j’avais trop froid et qu’il fallait relancer le feu dans la cheminée. J’ai des souvenirs de maison humide, de neige et de chant du coq au loin.

Quel a été ton dernier coup de gueule ?
Le paraître et l’apparat sont souvent les grandes raisons de mes coups de gueule. Bien sûr, c’est une manière qu’on a de se protéger, je ne peux pas en vouloir aux gens. Mais j’aimerais tellement qu’on arrive à se dire qu’on pourrait s’en sortir sans. Les stands de livre de la Fnac aussi me font beaucoup râler ! On ne voit que des grands noms connus tandis qu’il y a des écrivains incroyables qui ne sont jamais mis en avant. Ce n’est pas étonnant si Van Gogh n’a eu du succès qu’après sa mort. On ne veut pas d’un Van Gogh vivant, ça me révolte. Ce n’est pas une maladie de l’époque, ça a toujours été comme ça.

C’est quoi ta drogue, ce dont tu ne peux pas te passer ?
Je pense que ce sont les gens. Parfois je les déteste, mais en réalité je ne peux pas m’en passer. Une drogue c’est un moyen de fuir et de se protéger des choses et si je devais rester seule, je devrais me mettre à explorer ce qui me fait peur. Donc oui, ma drogue c’est le contact humain, à tout prix.

Quels sont tes projets ?
Je travaille sur un portrait de l’Artiste Lucile Saurel, un nouveau clip avec The Accident, une exposition avec Balthazare Magazine et un court métrage…

Vous pouvez retrouvez l’intégralité de son travail sur son Vimeo. https://vimeo.com/berengere

A ne pas louper : Les clips qu’elle a réalisé pour The Accident et son travail de making off avec Les Airnadettes.

THE ACCIDENT – « Vivre » from BERENGERE PREVOST on Vimeo.

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