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CANNES EXPRESS : PAS DE FILM MAIS UNE BELLE GUEULE DE BOIS

Le soleil, la mer, la plage, les films, les soirées … il y a mille et une raisons d’aller à Cannes pendant le Festival. Bêtement, je pensais qu’en 24 heures je parviendrais à profiter de toutes ces douceurs. C’était sans compter sur le fait que la nuit l’emporte toujours. Et que je n’ai plus 20 ans…

La course à l’accred : un sport local

Partie sur un coup de tête rejoindre ceux qui bossent sans l’intention d’en faire autant, je me suis retrouvée dans un restaurant proche de la plage pour déjeuner le mardi de la deuxième semaine du Festival. Je dis « proche de la plage » car pendant les festivités cannoises, le bord de mer et ses restaurants interdisent l’accès au commun des mortels.

Mes affaires posées, je retrouve une amie parisienne qui n’a autant rien à faire là que moi. Visiblement, nous ne sommes pas une espèce rare. Ça tombe bien.

N’ayant pas envie de me plier au sport local, la course à l’accred et à l’invite, je me rends à l’évidence : je vais profiter du soleil et de la plage et vivre le Festival vu d’hélico, de loin donc.

La croisette transformée en fourre-tout

Pendant deux semaines, la croisette est transformée en fourre-tout.

Les fans en plein safari à la recherche d’une mèche de cheveux de Blake Lively à photographier croisent les vacanciers tranquilles qui attendent patiemment pour une crème glacée. Ceux qui tentent d’entrer sur les plages privées pour boire à l’œil bousculent ceux qui y sont réellement conviés. Pendant ce temps, les starlettes en robes à paillettes se pressent devant les photographes qui guettent les sorties du Carlton.

De l’autre côté, devant le Palais des Festivals, se toisent accrédités et invités. Tout le jeu de Cannes est là : avoir un passe qui donne accès à un second passe. Il faut savoir que même quand vous pensez avoir atteint le sommet, il y a toujours un endroit VIP caché où il faut dégainer un énième bracelet pour pouvoir rentrer. Toujours plus haut.

A moins bien sûr que vous soyez connu, dans ce cas votre face devient un laissez-passer. Pratique. Malheureusement – où heureusement, à voir la horde de garde du corps nécessaires à chaque sortie pour ceux qui le sont – ce n’est pas mon cas. La nuit de mon premier soir à Cannes s’annonce donc tranquille.

Open bar

Surprise : on arrive finalement à récupérer deux cartes pour le Silencio, club parisien décoré par David Lynch déménagé à Cannes pour l’occasion. Carte qui donne un accès au club pour quatre personnes mais, évidemment, pas pour à la soirée du film « Personal Shoper » d’Olivier Assayas qui a pourtant lieu dans le même club ce soir-là.

L’architecture du club se prête parfaitement à ce découpage stratifié de la population cannoise : il se déroule sur plusieurs étages. Nous arrivons donc à passer facilement la première barrière à quatre.
Il ne reste plus que quelques minutes avant la fin de la projection du soir, à l’issue de laquelle tous les invités de la soirée du film débouleront. On attend donc leur arrivé avec impatience. Le plan : retrouver la seule d’entre nous qui a le fameux bracelet blanc et passer au culot.

Le Kristen Stewart fail

Et c’est exactement ce qui se passe. Face à l’ascenseur bondé du club, tout le beau monde se précipite dans l’escalier de secours, on en profite pour en faire autant. Malin, l’un de nous retourne son bracelet violet de la veille pour matcher la couleur de la soirée. Bilan : ça passe. Surexcitées, on se glisse du bon côté de la soirée, celui de l’open bar et… de Kristen Stewart.

A l’intérieur, l’ambiance n’est pas survoltée. Les nœuds papillons et les talons réglementaires du tapi rouge n’ont pas l’air d’être partis pour une folle nuit de débauche. Pire, pas l’ombre de Kristen Stewart, pourtant attraction numéro 1 de cette 69e édition du Festival de Cannes.

Arrive alors le « symptôme Cannes la nuit », appelé aussi « l’effet Disney », qui résulte en une envie d’être partout à la fois sans jamais être nulle part. On se tâte donc : faut-il quitter le Silencio un peu boring pour rejoindre la Villa Schweppes beaucoup plus fun ?

Le Chloé Sévigny Gate

Alors qu’on enfile nos manteaux pour partir, on voit l’une d’entre nous taper la discute à Chloé Sévigny. A la voir plus qu’éméchée, on craint le pire. A raison : elle l’embrouille.

L’actrice américaine fait vite savoir qu’elle est saoulée. Il n’est même pas une heure du matin et l’on se voit déjà atterrir sur le trottoir devant le club, jeté sans ménagement par les videurs. Il faut dire qu’on fait tache : on est tous en jean baskets au milieu des robes en dentelles et talons de douze…
L’incident ne fait pourtant pas trop de vague. Surprenant. Et je me dirige vers l’open bar pour ce qui devait être la trentième fois de la soirée. Le grand danger de Cannes : tout est payant et cher, sauf l’alcool.

D’un coup, il est 4h30

Après avoir vu disparaître une bonne partie de l’équipe du film vers un second escalier de service, on lève les yeux : il y a encore un étage au-dessus. J’ai le sentiment d’être dans un sketch. Le défi reprend et on se met en tête d’arriver à rejoindre la trentaine de personnes, l’équipe du film et les proches.

Après coup de bluff sur coup de bluff et de longues minutes de saoules négociations nous sommes à deux doigts du but. Malheureusement, l’auto-sabotage se ramène. On finit par s’enfuir avant même d’avoir le temps de se faire refouler.

D’un coup il est 4h30 et nous sommes toujours en train de réfléchir à « la suite de la soirée ». Epuisant. Le reste est flou. Je me souviens juste d’avoir continué à abuser de l’open bar. Novice que je suis.

La grasse mat’ l’emporte sur les frères Dardenne

8h30. C’est l’heure de la première projection, souvent réservée aux journalistes, à laquelle je me suis engagée à assister. Sachant qu’il faut être devant le Palais des festivals vers 7h40, le réveil s’annonce rude voire impossible. La solution ? Ne pas passer par la case sommeil. Ce que beaucoup font avant de s’endormir bouche ouverte devant le grand écran.

Petite joueuse, j’ai planté les frères Dardenne pour la grasse matinée. Après tout, moi, je ne bosse pas dans le cinéma. Moralité : mieux vaut venir à Cannes quand vous n’avez rien à faire, quelques plans, un foie solide et du culot.

Barbara Krief.

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