MUSIC, PORTRAITS
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MUSIC // MIXTAPE & INTERVIEW DE TIN

Si vous êtes venus nous voir il y a deux semaines à l’exposition Balthazare Magazine à l’ Atelier Meraki, alors vous avez forcément entendu résonner sa musique dans l’atelier.

Cette mixtape, en exclusivité sur Balthazare Magazine est un peu un Polaroïd de ces derniers mois passés. TIN voulait choisir à la fois des morceaux intimes et qui puissent parler à tout le monde. Et tendez l’oreille, le 3ème morceau de la mixtape fait partie des titres que l’on retrouvera sur son prochain album qui sortira fin 2016, un track réalisé avec Julien Galner : « une chanson qui parle d’amour évidemment »

 

Tin est une jeune DJ, parisienne de naissance, qui a commencé la musique à 4 ans. Cette romantique très rock’n’roll et passionnée de littérature a pourtant commencé par faire médecine avant de décider de sortir des rangs pour vivre sa passion à fond. Celle qui voulait être orthodontiste pour faire de beaux sourires aux gens a finalement décidé de faire de la musique, sa manière à elle de faire sourire les autres.

Alors, elle migre vers une maison de disque pour un premier travail et, petit à petit, elle commence à faire sa propre musique électro. S’en suivra une rencontre au Pulp (célèbre boite queer des Grands Boulevards dans les années 2000) avec Juliette Dragon. Ca sera pour elle un vrai déclic et elle y fera son premier concert, chantant seule et s’accompagnant de sa machine. Avec Juliette Dragon, elle montera ensuite le cabaret Les Filles de Joie, c’est ici qu’elle deviendra véritablement DJ et se mettra à créer ses propres sons. Aujourd’hui, elle est résidente dans plusieurs clubs et bars branchés de la capitale : la Candelaria, le Miss Ko, le Baron et maintenant le Pas de Loup.

TIN  par Thomas Lachambre

photo (Thomas Lachambre), hair (Jean-Luc Amarin), make-up (Frederique Van Espen), jacket (Charlotte Woivré)

Quels sont tes projets ?
Déjà il y a mon album que j’ai quasiment terminé, il me reste seulement deux chansons en cours d’écriture. Je l’ai réalisé avec deux très bons producteurs (Julien Galner de Château Marmont et Guillaume Leglise de My broken frame). Je veux le sortir fin 2016 ; avant je veux sortir deux clips mais on prend notre temps car on veut faire quelque chose de très beau. Je veux aussi continuer à faire des campagnes de pub comme celle que j’ai faite l’an dernier pour Madura. J’adore travailler pour un projet où ma musique est faite sur mesure. Par exemple, j’aimerais continuer à mixer pour des défilés de mode, des after shows, je trouve que ma musique va bien avec la mode.

C’était quoi cette campagne de pub ?
C’était pour Madura. Un jour j’ai reçu un mail d’une boite de comm’ qui me demandais de composer une musique électro avec un launchpad pour cette marque française qui voulait se développer à Hong Kong. J’étais super motivée, c’est très excitant. La journée j’étais en studio pour mon album, le soir je composais cette musique, c’était un été un peu fou. Ensuite, je suis partie à Hong Kong avec eux et j’ai tourné la pub là-bas. Hong Kong est une ville assez dingue, c’est une espèce de New York à la Chinoise, les gens sont très accueillants, et j’étais absolument fan des restaurants là-bas.

Tu viens d’une famille de musiciens ?
Non ! Au début, mes parents n’ont pas compris mon choix de vie, pour eux la musique, c’est un loisir. Quand j’allais à mes cours de chant, je devais mentir en disant que j’allais à la bibliothèque. Mais ils sont très aimants, donc ils sont quand même venus me voir au Pulp ou dans des squats quand je mixais. Ils sont même venus me voir jouer au Baron, et maintenant ils y croient.

Ton meilleur souvenir de mix ?
C’était à New York, c’est vraiment le voyage qui m’a guérie, où je me suis sentie vivante. Je sortais d’une rupture sentimentale à l’époque et il me fallait un projet à court terme, donc je suis partie là-bas et je m’y suis trouvé des dates de mix. En arrivant au bar, le Tutu’s, j’ai eu 5 min pour préparer mon set, je voulais vraiment passer des sons qui sonnaient new-yorkais. Et le comble dans tout ça, c’est que les gens du bar étaient super contents parce qu’ils trouvaient que c’était « so french ». Moi qui pensais avoir fait un truc new-yorkais, j’étais complétement à côté de la plaque mais j’ai trouvé ça très drôle. J’ai adoré mixer à Tel Aviv aussi ; à la base, j’étais venue pour mixer à une soirée privée dans le désert et j’ai aussi mixé dans un quartier arty, au club Kuli Alma.

Ce que tu n’aimes pas dans ton métier?
J’aime pas les gens bourrés qui te disent « est ce que tu peux mettre un morceau qui bouge, mais connu et récent ». Ca c’est la triplette gagnante un peu reloue.

Et ce que tu adores ?
J’adore l’énergie qui circule quand tu joues. Mixer c’est comme une espèce de méditation. Tu es complétement concentré et en même temps hyper réceptif à ce que les gens veulent. Tu essaies de leur donner ce qui va leur faire du bien, c’est très sensuel, tu tournes un peu autour de leurs envies, tu prends ton temps. C’est très chimique, je trouve ça magique.

Quel est le son dont tu ne peux pas te passer ?
Il y a un album que j’écoute tout le temps sans faute : l’album de Jamie XX, je le trouve parfait.

TIN  par Thomas Lachambre

Photo (Thomas Lachambre), Hair (Jean-Luc Amarin), Make-Up (Akiko Sakamoto)

Quels sont tes endroits favoris à Paris ?
Le Ten Belles, c’est mon QG. Il y a aussi le restaurant Sanukiya, évidemment. Mais après, je garde secrètes certaines adresses de restos vietnamiens dans le 13ème, ce sont mes madeleines de Proust.
J’aime bien aller à l’Hôtel Amour de temps en temps pour prendre un petit-déjeuner, faire le point, tenir mon journal… J’ai mon Moleskine avec toute ma vie dedans. C’est une sorte de journal intime où j’écris aussi mes paroles, mes idées… J’y marque mes tirages de tarot aussi, elles disent toujours vrai mais bon, je ne veux pas toujours le voir. J’aime beaucoup le rayon ésotérique de la Fnac, c’est un peu mon péché mignon (rires).

Est-ce que tu as un lieu qui t’apaise ?
Oui, je vais régulièrement à Trouville : j’adore être au bord de la mer, manger mes huîtres seule et aller dans la piscine d’eau de mer de Deauville pour nager. J’en ai régulièrement besoin ça m’apaise. Et j’aime bien aussi me balader dans les lieux de culte.

Pour l’album ?
Comme à Paris j’ai toujours des trucs à faire, la seule solution pour bien travailler a été de m’isoler. Je suis donc allée à Trouville dans une maison de pêcheurs pendant 2 semaines. J’ai écrit quasiment une chanson par jour, du matin au soir ; je ne faisais que ça.

Comment tu composes ta musique ?
Il faut vraiment une discipline, que je m’isole des jours entiers pour m’y consacrer. Le matin je fais de la méditation et l’après midi je bosse. Pour faire mon album je me couchais pas tant que je n’avais pas enregistré ma chanson.

C’est quoi ta devise ?
« La vie est une immense surprise. »

C’est quoi ta drogue ?
La caféine et l’amour.

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TIN  par Thomas Lachambre

Photo (Thomas Lachambre), Hair (Jean-Luc Amarin), Make-Up (Akiko Sakamoto)

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