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PARIS PHOTO 2016 // COUPS DE COEUR DE LA RÉDACTION & TENDANCES

Ce jeudi s’ouvrait la vingtième édition de Paris Photo à Paris. Après une longue déambulation dans les stands de la plus grande foire de la photographie, la rédaction vous propose ses coups de cœur et décortique pour vous les principales tendances.

La Part belle aux artistes Africains

Parmi ces tendances, une place importante est faite aux artistes africains, devenue une « niche » commerciale comme l’indique l’omniprésence d’un Malick Sidibé, de Seïdou Keita, ou encore d’Omar Victor Diop pour ne citer qu’eux.

Le visiteur à la possibilité de découvrir des œuvres historiques des pionniers de la photographie de studio sur le continent ainsi que la nouvelle génération de photographe tels que Omar Victor Diop ou encore Mickalene Thomas. Le hic, c’est que d’un stand à l’autre on retrouve parfois les mêmes œuvres, ce qui peut susciter chez le visiteur comme un goût de déjà vu …

On enfonce le clou, avec la nouvelle série d’Omar Victor Diop qui récolte même le prestige d’être mis en avant par Pernod Ricard. Ultime tentative pour persuader le collectionneur récalcitrant : l’artiste africain est une valeur sûre.

 

Malick Sidibé, Un Yé-Yé en position ©Du Jour Agnès B

Le pari des valeurs sûres

D’ailleurs c’est un peu la tendance générale. En effet, jamais Paris Photo ne semble avoir présenté autant de « classiques ». Sous la verrière du Grand Palais, les images célèbres se succèdent : « Noir et blanche » de Man Ray, la sublime série « Jeux de la poupée » de Hans Bellmer, « L’atelier de Mondrian » d’André Kertész, ou encore des « Untitled Film Stills » de Cindy Sherman etc.

Cette tendance est renforcée dans le salon d’honneur, où le Centre Pompidou dévoile « The Pencil of Culture : 10 ans d’acquisitions ». L’occasion pour le public de replonger dans l’histoire de la photographie moderne et contemporaine autour des œuvres de Brassaï, Jeff Wall etc.

Il est fort à parier que l’emprunt du titre au premier livre de photographie de l’histoire, « The Pencil of Nature » de William Henry Fox Talbot, illustre le désir de montrer que la photo n’est plus seulement une reproduction de la nature, mais est devenue un habile témoignage de l’ère du temps.

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Hans Bellmer, Sans titre, série « Jeux de la poupée » ©Galerie 1900 – 2000

Témoin de l’ère du temps

Le voyage continue et nous découvrons ça et là des œuvres qui résonnent entre elles et donnent à voir le monde contemporain.

De l’esthétique du fragment, aux mutations sociales et géographiques, aux représentations d’une nature et des villes vidées de toute humanité; cette nouvelle édition de Paris Photo, rend compte de la géopolitique actuelle.

Ainsi, vous découvrirez lors de votre visite, des camps de réfugiés, des intérieurs vides, la solitude et les heures latentes…

Arrêtez-vous un instant, devant la série « Melting Point » de Stéphane Couturier. Ces scènes de vies de balcons sans âmes, où la seule présence demeure ces vêtements en mouvement aux grés des courants d’airs, comparables à des linceuls.

Puis, jetez un coup d’œil aux œuvres de François-Xavier Gbré, sur le stand de la galerie Cécile Fakhoury. Des vestiges de l’époque coloniale aux paysages redéfinis par les événements actuels. Son œuvre témoigne d’une quête de la mémoire des mutations urbaines et soulève la question de notre relation à l’Histoire.

Ne manquez pas la série « Empire » de Samuel Gratacap, présentée par la galerie des Filles du Calvaire, véritable ode à « l’attente ». L’artiste offre une réflexion sur la représentation des enjeux géopolitiques et de leurs espaces transitoires.

Samuel Gratacap, Sans titre, Série empire ©Galerie Les Filles du Calvaire.

Parions que vous serez envoûtés par les curieuses unes revisitées du New York Times de Panos Tsagaris. Qui se plaît à mêler feuilles d’or et images chocs de l’actualité, pour mieux souligner la dimension cathartique de l’image de presse.

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Panos Tsagaris, March 18 2016 © KALFAYAN Gallery              

Pour les amoureux de la performance

Comme en témoigne les récentes flambées en maisons de ventes, les traces photographiques des performances sont des acquisitions précieuses. Ici encore l’édition 2016 laisse la place aux « classiques », tels que des très belles pièces des actionnistes Viennois, ou encore de la Française Gina Pane que l’on retrouve sur plusieurs stands.

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Gina Pane, Psyché © RICHARD SALTOUN Gallery

Trouvailles aléatoires

Paris Photo, c’est aussi de nombreuses trouvailles. Au fil de nos pérégrinations l’on découvre le duo Nicholas Kahn et Richard Selesnick qui nous livre sur un ton résolument romantique des histoires fictives, hybrides entre imaginaire absurde et fausse anthropologie.

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Kahn & Selesnick, Florae © Jackson Gallery

Noé Sendas

Les œuvres de Noé Sendas, confèrent au corps une place particulière, se définissant simultanément comme entité théorique et matérielle. Mais aussi, sa réflexion sur les méthodes d’exposition de son travail au cœur de sa démarche.

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Noé Sendas, Sprezzatura IV ©Carlos Carvalho Gallery

Mona Kuhn

Le charme des nus de l’artiste brésilienne d’origine allemande Mona Kuhn, qui évoque une atmosphère de connivence et de naturel. Les attitudes font échos à l’iconographie classique des études de nu. Chargées de sensualité ces photographies reflètent un sentiment de liberté et de simplicité.

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Mona Kuhn, Poem #1 ©Edwynn Houk Jackson Gallery

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