PORTRAITS
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PORTRAIT // RENCONTRE AVEC L’ARTISTE CAMILLE CABANES

C’est une enfant sauvage qui ne connaît pas la demi-mesure et qui ne possède aucun filtre. Camille se livre à nous sur son travail, à cœur ouvert. Puis elle doute de ses paroles et rembobine dans sa tête ce qu’elle vient de nous confier. Regard dans le vague… Elle a l’impression que son discours est confus mais en fait il est limpide. Il est sincère, pudique et singulier. Comme Elle.

Née dans une famille de 4 enfants dans la campagne toulousaine, elle grandit dans la nature, apprend toutes sortes de travaux manuels et s’est toujours imaginée artiste.
Elle et son frère sont plutôt « les sauvages » de la famille, ils ont leur propre univers, inventent des jeux et des personnages. Elle les utilisera ensuite dans son travail artistique, comme un clin d’œil à cette époque insouciante.
Quand elle parle de son travail, elle utilise des mots au registre chamanique et confie adorer l’Art Naïf. Derrière ses personnages enfantins, se cache une artiste attachante et très attachée à son Art, son univers de toujours.

Camille, quel est ton parcours ?

J’ai fait un lycée option Arts, puis je suis montée à Paris. Je suis passée par Olivier de Serre où j’ai plutôt appris le graphisme et ensuite l’école Duperré où j’ai été formée à la direction artistique.
Aujourd’hui je travaille aussi bien en graphisme qu’en illustration, je participe à des expositions collectives. Dernièrement j’ai participé à la création des vitrines de la boutique Hermès.


Quelles sont tes inspirations ?

Tout ce qui se rapproche des Arts Antiques me fascine. J’aime beaucoup la salle des sculptures des personnages mythologiques du Louvre. Tout est noir et blanc, c’est très beau.
La halle Saint Pierre, spécialisée dans l’Art Brut, est mon lieu préféré à Paris. L’art brut était d’ailleurs le sujet de mon mémoire.
Je suis assez fascinée par les œuvres d’arts liées aux maladies mentales comme le sont beaucoup d’œuvres dites Art Brut. Il y a aussi des personnages qui m’inspirent comme Jean-Marie Massou qui a fait l’objet du documentaire d’Antoine Boutet « Les pleins pays ». Il ne se décrit pas comme « artiste », mais il a développé un sens artistique et a créé des œuvres monumentales… Ca m’inspire beaucoup. Ce genre de choses me rappelle que l’Art est avant tout un acte transcendant de communication, qui fait appel à l’instinct et non à la raison. C’est un rappel à La Source.

Tu te verrais faire autre chose dans ta vie ?

Je me suis toujours demandé « si je me faisais couper les mains, qu’est ce que je ferais ? »

Ah bon ? Tu t’es déjà posé ce genre de question ?

Oui, oui …ça m’arrive (elle rit). Dans ce cas là, j’irais peut-être plutôt dans la danse …
En fait j’anime des ateliers avec les enfants et j’aime beaucoup ça. Je les trouve très connectés à leur instinct, à cette fameuse source, une forme de pureté. Il n’y a qu’à voir cette vidéo issue du document d’Agosti « Vivre d’Amour » avec ce jeune garçon qui se pose la question de la pureté des enfants dans ce monde d’adulte.

Qu’est ce que tu n’aimes pas faire dans ton métier ?
Vendre mon travail.

Ce que tu adores dans ton métier ?

L’acte de dessiner. Pas le penser, l’imaginer mais le faire.

As-tu un outil de prédilection ?
C’est bizarre parce que je n’en fais pas vraiment, mais c’est la peinture. Quand j’étais enfant sur les petites fiches de renseignement à l’école dans la case « Que voulez-vous
faire plus tard ? », J’ai toujours écrit peintre. Donc je vais m’y remettre sérieusement. C’est mon but.
Mais en règle générale j’aime bien m’imposer un outil pour travailler, j’aime produire en ayant une contrainte technique. Une fois c’est le monotype, une autre fois le stylo quatre couleurs, une autre le feutre noir … Je fonctionne en série.

C’est quoi ta chanson du moment ?

En ce moment j’écoute la BO du film Me you and everyone we know. Cette musique de Michael Andrews m’apaise et correspond un peu aux personnages que je crée.

Tu as un lieu qui t’apaise ?
Je n’ai pas de lieu qui m’apaise mais je travaille très très bien au café du tennis à Vincennes, un café perdu au milieu du Parc Floral.
Je m’occupe d’enfants le mercredi après-midi et de 13h30 à 18h j’attends qu’ils aient fini leurs activités et donc je dessine beaucoup. Et donc tous les mercredis j’ai des enfants que je connais pas, du club de tennis, qui viennent dessiner avec moi. C’est ma parenthèse très concrète et créative.

C’est quoi ton alcool préféré ?
Je ne bois plus d’alcool mais avant c’était le mescal !

C’est quoi ta drogue ?

Dessiner !

Ta devise ?
Continuer de grimper vers le soleil.

Son site, son instagram.

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