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RENCONTRE AVEC LA TATOUEUSE CARIN SILVER // LE SPHINX – PARIS

Il y a quelques semaines, nous avons été à la rencontre de Carin Silver, tatoueuse au salon le Sphinx et qui participera au Lille Tattoo Festival les 23 & 24 avril prochains.

Le Sphinx est un salon très privé, seule une plaque discrète en mentionne la présence sur une devanture de la rue Moret, dans le 11ème.

Passé les différentes portes, nous nous retrouvons face à Carin. Loin des stéréotypes, elle nous prouve que toutes les femmes sont différentes et que les tatoueuses n’échappent pas à la règle. Cette fan d’Yves Saint Laurent et de Chanel nous accueille en se cachant derrière sa longue mèche noire, elle est peu tatouée et parle doucement, s’étonne qu’on s’intéresse à elle car elle ne se trouve pas « cool ».

Celle qui se décrit comme une angoissée/exaltée, qui travaille beaucoup et dessine tout le temps avoue quelques excentricités quand même : comme manger une part de flan par jour. C’est devenu une blague pour tout le monde et certains de ses clients arrivent avec du flan pour son déjeuner.

Carin fait un travail délicat et minutieux, tout en élégance. Comme elle.

CARIN SILVER  Photo : Marie Magnin

CARIN SILVER
Photo : Marie Magnin


D’où viens-tu ?

Je viens de Haute Saône. En 2008, je suis partie à Barcelone pour entrer aux Beaux Arts pour apprendre les techniques de reproduction et de lithographie.
Le tatouage est très répandu là bas et ça m’a tout de suite beaucoup intriguée. Après un passage éclair en France où j’ai exercé le métier de graphiste, je suis repartie à Barcelone et j’y ai appris le tatouage.
Cela fait maintenant 2 ans que je tatoue et presque 1 an que je suis résidente au Sphinx.

Tu ne tatoues que du noir & blanc, c’est un choix ?
Oui, je trouve que ça fonctionne bien avec ma façon de dessiner.

Quelle est ta pièce la plus incroyable ?
C’était un hippocampe, un modèle trouvé sur une gravure de l’époque victorienne, très détaillé.

Quelles sont tes inspirations ?
Je m’inspire beaucoup de livres de gravures anciennes. Je me suis rendu compte que je revenais toujours aux livres de plantes et d’oiseaux qu’avait mon grand-père et qui me fascinaient enfant. Je les ai délaissés pendant longtemps et maintenant j’y reviens.

Te rappelles-tu de la première fois où tu as tatoué ?
Oui … C’était une tête de robot-zombie. J’étais apprentie dans un salon et un ami est passé pour se faire ce tatouage mais il était très fin et ne correspondait pas à la patte du salon. Je lui ai dit « quand je saurai tatouer, je te le ferai ». Il m’a répondu « Vas-y, fais le ». Je l’ai fait. Je l’aime encore !

CARIN SILVER  Photo : Marie Magnin

CARIN SILVER
Photo : Marie Magnin


As-tu déjà été confrontée à des réactions violentes face à tes tatouages ?

Je ne suis pas extrêmement tatouée mais les seules fois où j’ai senti des regards insistants c’est de la part des femmes plus âgées. Mais je le comprend aussi. Ce n’est pas la même génération.

Qu’est ce que tu ne tatoueras jamais ?
Tout ce qui est à connotation raciste, homophobe, sexiste, qui va à l’encontre de mes convictions personnelles.

Etre une femme dans le milieu du tattoo, tu considères que c’est difficile ?
J’essaie de ne pas trop me poser la question. Ici je me sens bien mais dans certains salons c’est plus compliqué. Il y a toujours des gens qui aiment ce côté macho du tatouage mais bon ça n’est pas mon problème. Mais de la clientèle jamais.

CARIN SILVER  Photo : Marie Magnin

CARIN SILVER
Photo : Marie Magnin

Tu as une devise ?
Je pense que je suis trop versatile pour avoir une devise.

Quelle est ta chanson du moment ?
Elle rit. Alors le problème c’est que je ne suis pas du tout une personne actuelle donc j’écoute de vieilles choses. En ce moment j’écoute « Voodoo Chid  » de Jimmy Hendrix.

As-tu un rituel quand tu tatoues ?
C’est peut être assez ridicule mais j’aime bien manger un chewing gum avant de commencer. Et je fume une cigarette après.

As-tu des idoles dans le tatouage ?
Je me rends compte que je suis fascinée par la technique. Donc je peux vraiment adorer une pièce mais sans savoir qui l’a faite. Comme en Art, je me rappelle d’une œuvre mais pas forcément de l’artiste.

Quels sont tes endroits d’inspiration ?
J’aime beaucoup les bibliothèques, même quand elles n’ont rien de particulier, c’est un univers qui me parle. Je vais beaucoup au Musée Picasso dans le Marais. Et j’ai une passion pour les châteaux.
Le weekend, j’aime partir seule en expédition. Récemment, c’était le château de Chantilly, il y avait une super exposition sur François Ier. J’y ai passé des heures.

Tu sors où à Paris ?
Je sors très peu, vraiment très peu. J’ai longtemps essayé d’être « cool » et en fait non, j’aime juste tatouer, voir mes amis tranquillement, je ne suis pas du tout une party girl.

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