EVENT, MUSIC, PORTRAITS
Leave a comment

RENCONTRE AVEC LOUISE ROAM UNE ARTISTE SENSIBLE

Château d’eau, 17h sous la pluie.

Marie Magnin et moi nous retrouvons dans le café où nous avons rendez vous avec Aurélie Mestres aka Louise Roam. Nous devons faire des photos ainsi qu’une interview en 40 min et vu le peu de lumière dans l’endroit, l’affaire s’annonce périlleuse.
Elle arrive, toute de noir vêtue et se pose simplement autour d’une table, nous racontant son parcours et ses moments de doute, ses envies, tout simplement.
La discussion est rythmée par ses éclats de sourire et sa bonne humeur.
Aurélie se plie au jeu des photos, en cherchant le meilleur endroit entre les coiffeurs africains et les boutiques de robes de gala.

Nous sommes plus qu’enchantées de cette rencontre. Louise Roam est une (jolie) tête bien faite qui entre en travail comme on entre en religion, avec enthousiasme, passion, respect et pudeur.

Rendez-vous ce soir Vendredi 1er avril au Divan du Monde à 19h30.
Nous, on y sera !

Louise Roam photo : Marie Magnin

Louise Roam photo : Marie Magnin

Tu joues vendredi soir au Divan du Monde dans le cadre du Festival « Les femmes s’en mêlent », ca te fait quoi ?
C’est un peu comme un rêve, c’est vraiment quelque chose d’important pour moi. C’est un festival prestigieux, avant-gardiste et engagé. Je suis flattée de participer à ce festival !

Tu joues de plusieurs instruments de musique depuis toute petite. Tu viens d’une famille de musiciens ?
Pas du tout, mes parents ne sont pas des dingues de musique. À part Cat Stevens qui m’a marqué enfant, je n’ai pas de souvenir de beaucoup de musique à la maison.
J’avoue que je ne sais pas comment est arrivée la musique dans ma vie, mais vers 5 ans je voulais faire de l’accordéon. J’étais fascinée par l’objet, je voulais jouer de ce gros instrument là. Ça me rappelait les émissions du dimanche après midi que ma grand–mère regardait. Alors, ma mère m’a emmené au conservatoire pour m’inscrire à un cours d’accordéon. Je me rappellerai toujours de la tête de la femme à l’accueil qui nous a regardé et a dit : « Mais on ne fait pas d’accordéon dans les conservatoires ». J’en suis sortie en pleurant. Après, je voulais faire du piano mais il n’y avait plus de place… alors j’ai fait du violon, un peu par dépit et j’en ai fait 20 ans.
La musique a toujours été viscérale pour moi. C’était une évidence.

Tes parents te suivent maintenant ? Ils comprennent ce que tu fais ?
Oui ils me soutiennent mais je crois qu’ils ne comprennent pas toujours ce que je fais. Lorsque j’ai annoncé à ma mère que j’allais faire la première partie de Jeanne Added à l’Olympia,( le 25 janvier dernier) elle m’a dit « oui c’est super ». Elle n’a pas du tout saisi ce que ça représentait. Je pense qu’ils ont réalisé après parce qu’ils m’ont fait la surprise de venir me voir ce soir là.

Pourquoi prendre un pseudo ?
J’ai toujours joué sous pseudo. Avant, j’avais un groupe  : Pierrette et Georges. J’étais Pierrette car c’était le nom de famille de ma grand-mère. Plus tard, j’ai donc pris son prénom Louise et j’y ai ajouté Roam qui vient de Roaming, l’errance en anglais. Car au départ, je voulais surtout poser des atmosphères sonores plus que de faire des morceaux.
Je ne sais pas si je me cache derrière ce pseudonyme ou s’il me permet d’être encore plus moi.

Louise Roam photo : Marie Magnin

Louise Roam photo : Marie Magnin

Tu écris, tu composes, tu chantes, tu produis…
C’est un choix. J’ai besoin en ce moment de tout faire seule. Ca peut avoir des côtés positifs : je me sens libre d’aller au bout des choses, de prendre le temps nécessaire pour ça, d’explorer où je veux Mais ça peut aussi avoir un côté plus compliqué, dans les moments de doutes où tu n’as personne vers qui te tourner. J’ai parfois eu des moments de paralysie totale face à ma musique et ça aurait sûrement été plus facile si j’avais été au sein d’un groupe. Mais j’ai besoin de cette solitude en ce moment. Ca changera peut-être un jour.

Tu as des rituels de travail ?
J’ai besoin d’être en mouvement pour composer. De marcher, d’être dans un train, dans un bus ou en voyage. C’est là que le travail de création se fait. Ensuite, quand je rentre en studio, ça va très vite. Tout est déjà dans ma tête et j’ai juste à le mettre à plat.

Et avant de monter sur scène ?
Je me concentre beaucoup, je fais de la boxe, je crie … Chaque scène est différente, donc je peux être soit très calme soit très exaltée.

Tu peux nous raconter un de tes meilleurs souvenirs en rapport avec la musique.
Lorsque j’ai joué à l’Olympia. J’étais très stressée, j’ai appris seulement 15 jours avant que j’allais jouer dans cette salle mythique et je crois que je l’ai complètement occulté. Et en sortant de scène, j’ai tout d’un coup réalisé. Là, je me suis effondrée, mes jambes ne me tenaient plus. Mon tourneur m’a récupéré avant que je ne tombe.

La rencontre avec Jeanne Added est un très bon souvenir. Je l’ai rencontré avec son groupe à Saint Nazaire seulement 2 jours avant l’Olympia. Une très belle rencontre.

Et aurais-tu un très mauvais souvenir à nous raconter ?
Elle cherche et puis … La première critique de mon premier EP, il n’était même pas encore sorti et j’attendais cette toute première critique. J’ai été chez le marchand de journaux et quand je l’ai lu, j’ai crié, j’ai déchiré le journal et je l’ai jeté… ah ah ah
Ce qui est drôle, c’est que la critique n’était pas mauvaise, mais j’en attendais tellement que j’avais été déçue.

Quelle est ton artiste du moment ?
Helena Hauff. On jouait toutes les 2 lors du festival Panoramas à Morlaix. J’ai écouté tout son mix assise sur le bord de la scène. J’étais fascinée.

Tu sors où à Paris ?
Je ne sors pas beaucoup en fait. Ni à Paris ni ailleurs. Mais en ce moment, je passe beaucoup de temps au musée du Louvre. Je le redécouvre à chaque fois.
Je ne sors pas parce que je ne suis pas très organisée donc je loupe souvent des concerts, je me rends compte trop tard qu’ils sont passés.
Après, je passe beaucoup de temps au bar en bas de chez moi, il y a toujours des potes dans le coin et ça peut vite se finir en traquenard jusqu’à 2h du matin !

Tu as une devise ?
Travailler. Travailler. L’apprentissage du violon m’a vraiment appris ça, même avec du talent il faut travailler toujours, tout le temps. Je travaille beaucoup mais j’ai toujours l’impression que ce n’est pas assez.

Louise Roam photo : Sylvia Borel

Louise Roam photo : Sylvia Borel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *