MUSIC, PORTRAITS
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RENCONTRE // ON AIME L’ELECTRO SEXY D’IRÈNE DRÉSEL

L’électro sexy d’Irène Drésel nous plonge dans un univers aussi fort musicalement que visuellement.

Cette artiste complète, diplômée des Beaux Arts, ne conçoit la musique que comme un mode de vie global. Ses musiciens constituent sa bande de potes et elle a troqué la vie de citadine pour une maison de campagne, loin de tout. Un espace temps dédié à la création, où musique et illustration s’assemblent et se ressemblent.

Loin de l’image minimaliste de l’électro, Irène nous offre une plongée au sein d’une tribu colorée et poétique, où les platines se mélangent à la flûte à bec et aux percussions. Un décor où les vases et grigris se font talismans.

On aime beaucoup l’ambiance de son live, réalisé par Ricard S.A Live Music.

On sent une maturité et une détermination dans ses morceaux sans jamais se prendre trop au sérieux. Ne passez pas à côté, vous le regretteriez.

Pour l’occasion, nous lui avons posé quelques questions.

Bonjour Irène, peux-tu nous parler un peu de ton parcours ?

Je viens d’une famille assez mélomane, avec également un goût prononcé pour l’image. Ma sœur enseigne le solfège au conservatoire, son ami vient d’être sélectionné pour être hautboïste solo à la Scala et mon oncle est à l’antenne sur Radio Classique. Mon père était initialement dessinateur industriel, mon frère est designer et j’ai longtemps été passionnée de photographie et plus généralement d’art contemporain.
J’ai eu un double diplôme, à la fois des Beaux-Arts de Paris et de l’Ecole des Gobelins. Après avoir reçu le prix de l’Ambassade de Suisse pour l’une de mes vidéos, j’ai fait partie des artistes sélectionnés pour le Salon de Montrouge en 2015, et l’une de mes pièces a intégré la collection d’art contemporain Joseph Kouli.
En parallèle de ma production plastique, j’ai commencé à faire du son. Et cela a pris de plus en plus de place dans ma vie.

Tu es une artiste complète alliant Arts Plastiques et musique? Tu as une préférence? L’un ne va pas sans l’autre?

Je ne mélange pas ma pratique plastique et musicale. Elles sont différentes et sous deux noms distincts. Irène Billard pour l’image, Irène Drésel pour le son.

J’ai toujours eu le sentiment que l’image pouvait bel et bien exister sans le son mais non l’inverse. Ma musique, que l’on pourrait qualifier de musique électro techno, est liée à un véritable univers visuel que je tiens à garder cohérent avec une seule et même esthétique. Mon clip Lutka a été réalisé par l’artiste Florence Lucas (alias Flokim), dans un souci d’adéquation totale avec le côté à la fois sensuel et magnétique du morceau. Suite à la sortie de ce clip, le set de mon live au Silencio a été recouvert de fleurs par la styliste florale Amy Humphreys, qui a repris la même chromie que ce clip et le même type de fleurs qui y figurent, à savoir des roses et des lys. La session live Ricard, filmée il y a quelques semaines, a elle aussi été pensée dans ce même esprit. Ce titre « Rita » fera l’objet d’un second clip d’animation qui devrait sortir cette année, réalisé par Flokim également.

Irène Dresel


Tu as décidé de partir à la campagne. Pourquoi ?

Pour laisser place à la concentration. J’ai longtemps habité dans le 1er arrondissement de Paris et j’étais sans cesse sollicitée pour sortir alors que j’avais un besoin fondamental de créer sans être interrompue. Comme j’avais beaucoup de mal à refuser les invitations, l’escapade a été ma seule solution. J‘ai décidé de m’installer dans une petite longère qui appartenait à ma grand-mère décédée depuis un moment et qui n’intéressait personne d’autre de ma famille.

Ça a changé ta vie ? Ton art ?
Oui ça canalise énormément. Ici le téléphone capte très mal, c’est parfait pour s’exclure et produire. Ma vie est plus seine, moins décousue. Comme beaucoup d’artistes, j’ai un équilibre très fragile que j’ai besoin de préserver. Lorsque je compose, j’ai la vue sur le jardin, les oiseaux, les champs. C’est parfait.

Quelles sont tes inspirations ?

Le rien ! J’évite de regarder ce qui se fait car ça me brouille le cerveau. Je suis plutôt du genre à me faire confiance, je fonctionne instinctivement sans chercher à m’inspirer de la tendance actuelle. Bien sûr, il y a des artistes dont je ne démords pas depuis longtemps comme Nathan Fake ou Stefan Bodzin, que je peux écouter en boucle sans me lasser..

Irène Dresel

As-tu eu des moments où tu as voulu tout arrêter ?
Pas vraiment non. J’adore créer et surtout j’y crois énormément. Cependant, j’ai plus de fragilité dans mon rapport à l’art contemporain où ma production est beaucoup moins soutenue, dépassée ces dernières années par mon engouement pour la production musicale. Une passion que je n’ai jamais voulu arrêter depuis. Au contraire, j’ai toujours voulu aller plus loin.

C’est quoi le dernier moment où tu t’es dit : « whaou ! Là je suis vraiment trop heureuse » ?
J’aurais tendance à m’exciter pour un rien mais j’ai toujours en tête la phrase de C.S. Lewis « Don’t let your happiness depend on something you may lose. »
La dernière fois que je me suis sentie profondément heureuse, ce devait être dans ma baignoire. J’adore prendre des bains ce sont des moments où mon cerveau déconnecte complètement et où je me fiche de tout le reste.

Tu écoutes quoi en ce moment ?
Humm..je dirais Helena Hauff, « Sworn To Secrecy Part II ».. Un morceau très noir et très beau.

C’est quoi ton crew ? Les gens avec qui tu travailles, tes amis…
Mes partenaires de live ! Mon compagnon Sizo Del Givry qui m’accompagne à la percu, une amie polonaise Ola Klebanska qui ajoute des mélodies hypnotiques à la flûte à bec. Nous sommes toute une bande d’amis soudés et nombreux. Ils m’apportent un énorme soutien. Il y a aussi ma chienne, Lutka, qui nous suit partout, j’aimerais beaucoup l’avoir sur scène avec moi un jour.

Quand tu te saoûles, c’est avec quel alcool ?

Du Champagne… mais du bon !

C’est quoi ta devise ?

Ne jamais remettre au lendemain, ou « battre le fer tant qu’il est chaud. »

Le finaliste du Ricard S.A Live Music sera désigné le 30 janvier au Café de La Danse.

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Irène Dresel

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